L'Observatoire des ChibAnis et ChibAniyates- مدونة خاصة بالاشخاص المسنين

mardi 9 juin 2015

Sbaa Fatna, 72 ans et bientôt bachelière

 Bon vent Mi Fatna!

Sbaa Fatna (72 ans), des classes d’alphabétisation au rêve d’intégrer l’université

Tout peut être réalisé avec de la volonté y compris les choses qui paraissent impossibles. L’histoire de Sbaa Fatna (72 ans), native de Hassi Bahbah (Djelfa), est l’illustration parfaite de la volonté de fer de cette septuagénaire qui a réussi à gagner son pari contre l’illettrisme et s’apprête, aujourd’hui, à ouvrir une autre porte devant la mener directement vers les bancs de l’université.

Source :Algérie360°



Au premier jour des épreuves du baccalauréat, cette candidate particulière qui caresse le rêve, cher à beaucoup de jeunes candidats, de décrocher le fameux sésame qui ouvre les portes de l’université. Fatna a grand espoir que son rêve se concrétise enfin après de laborieuses années passées à décoder les mystères de la langue, elle qui n’a jamais mis les pieds dans une école.
Elle a avoué, à l’APS, la gorge nouée d’émotion, son long combat contre l’illettrisme, ses premiers « contacts » avec la « lettre », puis le « mot » et enfin la « phrase ».
Sa persévérance et son amour pour le savoir lui ont procuré l’énergie nécessaire pour affronter les difficultés d’apprentissage et la stimuler chaque fois qu’elle aborde une nouvelle étape de ce long parcours.
« L’apprentissage n’a jamais été tributaire de l’âge, mais plutôt une question de volonté et d’efforts à déployer », dit-elle, assurant que « la confiance en soi et la concentration sont les clefs de réussite au Bac ». Son objectif, décrocher le bac pour pouvoir s’inscrire en sciences islamiques et poursuivre sa quête du savoir.
Sa participation au Bac est une sorte de « compétition » vis-à-vis de candidats qui ont l’âge des ces petits fils ou petites filles. Le cas notamment de l’une de ces nièces, inscrite au même centre d’examen qu’elle. A ces jeunes candidats, elle veut montrer qu’elle est en mesure de les affronter sur ce terrain et, pourquoi pas, faire mieux qu’eux, en dépit de l’écart d’âge qui les sépare.
Fatna avait intégré, pour rappel, les classes d’alphabétisation durant la saison scolaire 2007-2008, et réussi, en l’espace de quelques années à franchir une première barrière, puis une seconde, jusqu’au jour où elle s’est portée candidate au baccalauréat.
Cette septuagénaire a pu vaincre grâce à sa volonté et à sa persévérance ses peurs et ses craintes et à se libérer, enfin, de ce lourd handicap qui l’avait éloigné « momentanément » des sentiers du savoir.
Source: Algerie 360°

mercredi 13 mai 2015

و قضى ربك.......










Association Amama


Le Malade alzheimer et l'aidant naturel.

S'il est toujours difficile pour la famille et les proches d'accepter la maladie d'un parent  atteint de la maladie d'Alzheimer , la prise en charge de ce dernier n'est pas une tache facile. Cependant ,il faut bien se rendre à l'évidence et accepter la maladie , bien évidemment après avoir dépasser le parcours du combattant, o combien pénible,chaque famille suivant un cheminement particulier. L'aidant naturel, doit ne pas oublier ces conseils essentiels dont on peut les résumer en :

  • La personne atteinte d'Alzheimer conserve ses sentiments, perçoit et apprécie les gestes de tendresse jusqu'à la toute fin de la maladie
  • Nous communiquons tous par les émotions, les gestes, le toucher
  • Prendre la main de quelqu'un, sourire peut transmettre plus que des paroles
  • Soyez conscient du message que transmet votre corps : un regard sévère, impatient peut être aussi nocif que des paroles dures.
  • Inclure la personne dans vos conversations : c'est pénible d'entendre parler de soi comme si on n'y était pas
  • Utilisez des indices visuels : collez une image sur une porte afin d'identifier une pièce (une toilette pour identifier la salle de bain). Identifiez d’autres objets ménagers d'usage courant.

    photo@ Attajdid



    lundi 4 mai 2015

    SEISME - Lui, moins d’un an et l'autre plus de 100 ans : Voici les miraculés du Népal



    CANALFRANCE.INFO - Les secouristes ont sauvé une personne âgée de 101 ans,
    une semaine après le séisme au Népal. Funchu Tamang a été tiré, le samedi 2 mai
    des décombres de sa maison. Il s’en est sorti avec des blessures mineures à
    la cheville et à la main.

    " Il a été conduit à l'hôpital de district dans un hélicoptère.
    Son état est stable ", a déclaré le policier Arun Kumar Singh de Nuwakot,
    à environ 80 kilomètres au nord-ouest de Katmandou.

    3 jours avant…

    Le 30 avril 2015, c’est un bébé de 4 mois qui a été retrouvé par des soldats
    népalais.
     Ses cris ont alerté à tant les militaires qui inspectaient l’immeuble effondré
    à Bakhtapur. Après avoir passé 22 heures  sous les décombres,
    le bébé nommé SONIT Awal est dans un état stable.

    Le tremblement de terre a touché environ 8,1 millions de Népalais.
    L’armée a pu être efficace dès le premier jour du séisme. Selon la direction
    des relations publiques de l’armée, les soldats népalais ont ainsi réalisé
    jeudi 30 avril 54 missions aériennes de secours, appuyées par 35 autres missions
    de l’armée indienne. En moyenne, les deux armées comptent une cinquantaine
    de sorties par jour.

    Khalti Halouma fête ses 128 années -OUJDA

    Photo@ Al Alam-Edition23208
    Lundi 4 mai2015
    M

    vendredi 3 avril 2015

    Le Pr Abdelhadi Tazi n'est plus.

    A Dieu Maitre!
    Le professeur Abdelhadi Tazi, membre de l'Académie du Royaume du Maroc, est décédé hier soir à Rabat à l'âge de 94 ans.Le défunt sera inhumé aujourd’hui au mausolée Abi Bakr Ibn Al Arabi à Fès.

    Feu Abdelhadi Tazi a occupé plusieurs postes et fonctions. Il a notamment été ambassadeur du Maroc dans plusieurs pays.
    Le Pr. Abdelhadi Tazi fût aussi le Président-Fondateur du Club diplomatique du Maroc, président de la VIème Conférence mondiale des Noms Géographiques (New-York) et membre notamment de l'Académie Irakienne des Sciences, de l'Académie de langue Arabe au Caire, de l'Institut Arabo-Argentin, de l'Académie de langue arabe de Jordanie, de l'Académie de langue arabe de Damas et de l'Institut du patrimoine islamique (Londres).

    jeudi 2 avril 2015

    Association ESPAM

    -Prise en charge medico-psycho-sociale de la PA au Maroc


    Source: le Matin, Edition du mardi 31 mars2015,Hajar El Haiti

    mercredi 11 mars 2015

    8 mars 2015 à Rabat



    Ce dimanche 8 mars pour la marche des femmes pour l égalité et la démocratie.
    Comme quoi la revendication des droits n a pas d'âge et mima Rabia a complètement raison.
    Ta rencontre était inattendue mais ton sourire et ta mobilisation ont embelli cette manifestation .
    C'est un 8 mars 2015 made in  mima Rabia
















    jeudi 12 février 2015

    « Tous pour une vieillesse paisible »

    « Tous pour une vieillesse paisible »



    La gériatrie en Tunisie et le diagnostic précoce, et la prise en charge de l’Alzheimer ont fait l’objet d’une rencontre organisée par l’institut supérieur d’éducation spécialisée (ISES), aujourd’hui, , sous le signe « Tous pour une vieillesse paisible ».

    Une palette de spécialistes et d’enseignants chercheurs ont participé au deuxième séminaire scientifique sur les personnes âgées visant à renforcer les approches médicales, sociales et psychologiques adoptées dans le domaine de la vieillesse et à échanger les expériences entre les experts du domaine.

    A cette occasion, plusieurs interventions ont été données notamment sur la stratégie sanitaire pour les personnes âgées et l’évaluation de l’autonomie fonctionnelle des personnes âgées. 
    Ouvrant la rencontre, le ministre des affaires sociales, Ahmed Ammar Youmbai a souligné que la protection des personnes âgées ainsi que des catégories démunies et des personnes sans soutien familial figure au cœur des priorités de la politique sociale en Tunisie.

    Il a ajouté que la stratégie nationale de protection des personnes âgées vise à intégrer cette catégorie dans la vie publique afin de tirer profit de son expérience et connaissances dans tous les domaines.

    Le ministre a appelé à formuler des suggestions et des recommandations pratiques pour promouvoir les conditions des personnes âgées, garantir leur protection et préserver leurs droits afin de leur permettre de contribuer à faire réussir l’oeuvre de développement en Tunisie et son expérience démocratique.
    - See more at: http://www.femmesmaghrebines.com/tous-pour-une-vieillesse-paisible/#sthash.B1YJm3lg.dpuf

    dimanche 1 février 2015

    الملك محمد السادس ينقذ المايسترو موحى أشيبان من السجن

    تكفل الملك محمد السادس بأداء الشيكين اللذين سلمهما المايسترو موحى أوالحسين أشيبان لمستشفى الشيخ زايد بالرباط، والذي كان يواجه بسببهما عقوبة السجن.
    وقال لحسن أشيبان ابن موحى أوالحسين أشيبان، في تصريح لموقع "اليوم24" ، إن الملك محمد السادس تكفل نهار اليوم بأداء قيمة الشيكين والتي تصل إلى 67300 درهم.
    وتعود تفاصيل الواقعة إلى عامين خلت، حين توجه حوسى أشيبان، نجل المايسترو أشيبان و نائبه في فرقة القباب لفن أحيدوس، لمستشفى الشيخ زايد قصد العلاج من مرض ألم به، حيث خضع لعملية جراحية كانت تكلفتها جد مرتفعة، حيث طالبت إدارة المستشفى من موحى أوالحسين أشيبان، تأدية المبلغ الذي قدر ب67300، وقدم هذا الأخير شيكين كضمانة، لحين تأدية المبلغ المذكور الذي تكلفت وزارة الثقافة بتأديته، كما تقول أسرة المايسترو.
    وقبل أيام تلقى المايسترو، اتصالا من مصلحة الشرطة القضائية التابعة للمنطقة الإقليمية للأمن الوطني بخنيفرة، تخيّره فيه بين تأدية ما بذمته من مبالغ مالية لمتشفى الشيخ زايد أو إصدار برقية بحث في حقه بتهمة إصدار شيك بدون رصيد.
    مصاعب المايسترو أشيبان تضاعفت حين نفت وزارة الثقافة يوم أمس أن يكون ابنه قد لجأ إليها قبل الذهاب إلى مستشفى الشيخ زايد قبل حوالي سنتين.
    وجاء في بيان صادر عن الوزارة أنها لم تلتزم بأداء مبلغ عملية جراحية لحوسى أشيبان، كما أن هذا الأخير لم يلجأ لها للقيام بالتدابير المناسبة كطلب الرعاية الملكية السامية أو التدخل لدى التعاضدية الوطنية للفنانين لتحمل مصاريف العلاج أو الالتجاء إلى وزارة الصحة أو المستشفى العسكري لتحمل مثل هذه الحالات.
    وأضافت الوزارة أن ابن المايسترو توقف عن أداء التعويضات السنوية المقدرة بسبع مئة درهم سنوياً للتعاضدية الوطنية للفنانين لأكثر من سنتين، ممّا أدى إلى توقف استفادته، كما أنه لم يتصل بالوزارة إلّا بعد إجراء العملية بالمستشفى المذكور وتسليم إدارته شيكاً كضمان لتأدية الواجبات فيما بعد، دون أن تعده الوزارة بشيء.
    ولم تعرف القضية طريقها إلى الحل إلا بعد تدخل الملك محمد السادس وتكفله بدفع ما في ذمة المايسترو من ديون مستحقة عليه لمستشفى الشيخ زايد.
    Source: Yabiladi.ma

    samedi 27 décembre 2014

    Mes Chibanis d'ici et d'ailleurs.



    Le Devoir

    Le dur temps des Fêtes pour les aînés en perte d’autonomie






    La célébration de Noël organisée par Les Petits Frères, le 25 décembre à Montréal, a rassemblé 600personnes, dont 275 aînés, avec qui les bénévoles ont pu passer un bon moment.

    « Après le décès de ma soeur et de mon mari, j’étais très seule. Le reste de ma famille habite dans d’autres pays. J’ai passé six Noël seule », se souvient Thérèse Castsakis, 81 ans, qui a contacté LesPetits Frères en 2008. Des organismes comme ce dernier et des centres d’hébergement pour aînés incitent les citoyens à tenir compagnie aux personnes âgées seules durant les Fêtes. Ces incitations portent leurs fruits, du moins durant cette période.

    Le 24 décembre, près de 400 personnes âgées ont reçu la visite d’un bénévole des Petits Frères, qui leur a amené un repas et un cadeau de Noël. Le lendemain, pour une 29e année, l’organisme a organisé des réceptions des Fêtes dans différentes villes du Québec. La célébration tenue à Montréal a rassemblé 600 personnes, dont 275 aînés que des bénévoles étaient allés chercher dans leur logis. Une messe, un repas et de la danse attendaient les participants.

    « J’étais réticente à aller fêter avec des gens que je ne connaissais pas, la première fois !, se rappelle Mme Castsakis. L’année suivante, dès que je suis entrée, je me suis sentie comme chez moi ! » Cette dernière est jumelée depuis 2008 à un bénévole des Petits Frères, qui lui téléphone une fois par semaine et lui rend visite de temps en temps.

    Chaque Noël, l’organisme arrive à jumeler tous les aînés qui désirent prendre part aux célébrations, assure la directrice générale, Caroline Sauriol. « Le recrutement est plus facile durant la période des Fêtes, car beaucoup de gens veulent donner un sens à Noël, faire de bonnes actions. »

    Dans la spirale des Fêtes

    « Noël est une fête qui suscite beaucoup d’émotions chez les aînés, indique le directeur général par intérim de l’Association des établissements privés conventionnés (AEPC), Danny Macdonald. Il n’est pas rare qu’on voie des personnes regarder par la fenêtre, la larme à l’oeil, durant cette période. »

    Paradoxalement, dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), c’est pendant les Fêtes que les proches oublient de visiter leurs aînés, observe M. Macdonald. « Ils sont occupés à préparer les repas, les cadeaux, etc. »

    Le 24 décembre, constate-t-il, quelques aînés reçoivent de petites visites, mais, le 25 décembre, il n’y en a presque pas, puisque leurs proches ont des événements en famille. « Environ 80 % des résidants ne reçoivent aucune visite le 24 ni le 25 décembre. »

    L’AEPC a donc lancé, au début du mois de décembre, le défi « Affichez votre amour ! », incitant les familles à publier des messages sur Twitter accompagnés du mot-clic #ParceQueJeLaime, pour briser l’isolement des personnes vivant en CHSLD.

    M. Macdonald observe d’ailleurs que, depuis 25 ans, les personnes placées dans des CHSLD sont de moins en moins autonomes, ce qui modifie la relation qu’elles entretiennent avec leurs visiteurs.

    « Auparavant, on hébergeait beaucoup de personnes en fauteuil roulant ou en marchette, qui pouvaient jouer aux cartes avec leurs proches lorsqu’ils venaient les visiter. Maintenant, beaucoup sont atteintes de démence et ne reconnaissent plus leurs proches. Ces derniers doivent savoir qu’il est tout aussi important de les visiter. »

    Dans certains cas, les employés des centres d’hébergement jouent le rôle des familles, assure-t-il.

    Recrutement difficile

    L’organisme Les Petits Frères fait face à une importante croissance des demandes de jumelage, en raison du vieillissement de la population et de l’éloignement des familles, rapporte Caroline Sauriol. Néanmoins, une fois les cadeaux déballés et la tourtière avalée, les bénévoles sont plus difficiles à trouver. « Les gens pensent moins spontanément à nous appeler pour participer à nos activités. »

    Son organisme redouble alors d’efforts pour combler les demandes, mais la tâche est ardue. Selon Statistique Canada, 19 % des personnes âgées se sentent délaissées ou seules.
    La célébration de Noël organisée par Les Petits Frères, le 25 décembre à Montréal, a rassemblé 600personnes, dont 275 aînés, avec qui les bénévoles ont pu passer un bon moment.De nombreuses personnes du grand âge n’ont pas été abandonnées à leur solitude pendant les Fêtes. Des bénévoles sont allés les chercher pour participer à une messe, à un repas et à la danse qui les attendaient.La célébration des Fêtes organisée par Les Petits Frères a rassemblé 600 personnes le 25 décembre à Montréal.<br />
La célébration des Fêtes organisée par Les Petits Frères a rassemblé 600 personnes le 25 décembre à Montréal.<br />
La célébration des Fêtes organisée par Les Petits Frères a rassemblé 600 personnes le 25 décembre à Montréal.<br />
La célébration des Fêtes organisée par Les Petits Frères a rassemblé 600 personnes le 25 décembre à Montréal.<br />
La célébration des Fêtes organisée par Les Petits Frères a rassemblé 600 personnes le 25 décembre à Montréal.<br />
La célébration des Fêtes organisée par Les Petits Frères a rassemblé 600 personnes le 25 décembre à Montréal.<br />
La célébration des Fêtes organisée par Les Petits Frères a rassemblé 600 personnes le 25 décembre à Montréal.<br />
    La célébration des Fêtes organisée par Les Petits Frères a rassemblé 600 personnes le 25 décembre à Montréal.<br />

    lundi 24 novembre 2014

    المسنون:المنسيون من الرعاية



    Un excellent reportage sur nos Personnes âgées et les retraités au Maroc.Aucune différence entre eux.Ils partagent la même négligence, le meme laisser-aller ,le même oubli. Cette tranche de population si chère a nos cœurs souffre en silence et vit dans l'indifférence de tout le monde.
    Voir le nô 126 de la revue. الان édition octobre 2014 .www.alaanmag.ma

    lundi 3 novembre 2014

    Témoignages: ces vieux abandonnés par leurs proches

    Crédit : Yassine ToumiTémoignages: ces vieux abandonnés par leurs proches
    28 octobre
    10:022014

    👤 Par Youssef Roudaby
    A quelques kilomètres de Casablanca, l’association de bienfaisance de Tit Mellil accueille plus de 700 pensionnaires. Les vieux qui peuplent l’établissement nous livrent des témoignages poignants.
    Ils sont plus de 740 pensionnaires, dont 200 femmes et 520 cas psychiatriques au centre de bienfaisance de Tit Mellil. Pour la plupart, ils ont été abandonnés par leurs familles et survivent en attendant leur dernier jour. Si l’association fait de son mieux pour qu’ils ne manquent de rien, mettant à leur disposition médecins et aides-soignantes au quotidien, elle ne peut pas remplacer l’absence de leur proches et l’ennui qui les ronge, faute d’activités. Nous sommes partis à leur rencontre pour recueillir leurs témoignages, où ils partagent l’amertume de la précarité et le goût de l’abandon.

    Ba Ahmed, 68 ans : « Il y a trois ans, j’ai arrêté de travailler, c’était à mes enfants de prendre le relai » 

    Crédit : Yassine Toumi
    Crédit : Yassine Toumi
    « Je suis arrivé à Casablanca d’un village près de Settat en 1967. En 1980, j’ai rencontré ma femme, elle était femme de ménage. Nous habitions dans un appartement qui était en son nom. J’étais peintre de bâtiment, un métier ingrat où tu n’as ni retraite ni sécurité sociale. J’ai eu trois enfants dont j’ai bien pris soin. Mais ils n’ont pas compris qu’en devenant vieux je ne pouvais plus être rentable, la peinture me rendait malade, j’avais des migraines et mal aux yeux. Il y a trois ans, j’ai arrêté de travailler, c’était à eux de prendre le relai. C’est là qu’ils ont commencé à devenir arrogants avec moi, on me parlait mal à la maison, ma femme prétendait que je ne m’étais jamais occupé d’elle. Pour l’Aïd, ils ne m’ont rien donné à manger, et pendant le ramadan j’avais droit à de l’eau et des dattes. J’en avais marre d’être traité comme un moins que rien. Il y a dix jours, j’ai pris deux couvertures et je suis sorti. J’étais prêt à vivre dans la rue. C’est là qu’un monsieur m’a proposé de raconter mon histoire au commissariat, ils m’ont ramené ici. Depuis, ma famille n’a pas demandé de mes nouvelles, je pense qu’ils s’en foutent que je sois mort ou vivant, mais j’ai ma fierté. J’essaie de ne pas trop y penser pour ne pas en devenir malade. »

    Khadija, 56 ans : « Nous étions riches. Le champagne coulait à flot »

    Crédit : Yassine Toumi
    « J’étais belle quand j’étais jeune. Mon mari était commissaire divisionnaire proche du palais. Nous étions riches. Le champagne coulait à flot dans nos soirées et les généraux de l’armée étaient nos amis proches. Mais j’étais aussi très capricieuse. Un soir où mon mari ne voulait pas jouer au poker avec moi, j’ai pris ma voiture pour aller bouder chez mes parents, il m’avait pourtant dit que je regretterais mon geste. Il était très ferme. Trois jours après, j’ai appris que j’étais divorcée. J’ai eu une longue période de vide. Entre-temps, mon mari est devenu alcoolique et est mort suite à des problèmes cardiaques. Un des contacts de mon mari m’avait trouvé un travail à Tel-Aviv, en Israël. Du jour au lendemain, j’avais un billet d’avion, un contrat de travail et mon visa, j’étais très excitée pour cette nouvelle vie qui s’offrait à moi. Et je n’étais pas déçue, Israël est un pays magnifique ! J’ai travaillé comme assistante sociale spécialisée pendant plusieurs années, j’étais bien payée. J’envoyais 600 dollars par mois à mon frère pour épargner et prendre soin de ma mère. Quelques temps après, j’apprends que ma sœur est morte. Je rentre donc au Maroc pour prendre soin de ma mère pendant quelque temps avant de revenir en Israël. A mon retour, j’ai découvert que ma mère faisait la manche, j’étais catastrophée. Mon frère avait dépensé toutes mes économies. J’ai vécu du peu qui me restait pendant un moment, en attendant qu’elle meure. Suite à ça, je n’avais plus grand chose et pensais revenir, mais je ne me doutais pas que le retour allait être aussi difficile, tous les contacts de la belle époque n’étaient plus là. Ils m’avaient oubliée. Je suis partie en Turquie, puis en Jordanie pour voir si je pouvais passer la frontière et reprendre mon boulot, mais ça n’a pas marché. C’était la fin du monde pour moi. A mon retour d’Istanbul, je ne possédais plus que les vêtements que j’avais sur moi. J’ai appelé un proche dans la détresse qui m’a ramené ici, et depuis, mon quotidien se résume à lire le Coran, mon chapelet et mes cigarettes. Je reste très nostalgique quand je pense à ma vie passée. J’étais heureuse. »

    Mi Tamou, la soixantaine : « Les femmes de mes fils n’ont pas voulu de moi »

    Crédit : Yassine Toumi
    Crédit : Yassine Toumi
    « Cela fait bientôt cinq ans que je suis ici. Je suis à moitié paralysée, et j’en ai un peu marre d’être clouée au lit toute la journée. Comment j’ai atterri ici ? Les femmes de mes fils n’ont pas voulu de moi, le mari de ma fille non plus. Je ne voulais pas leur causer des problèmes de couple. Tu ne peux quand même pas forcer tes enfants à t’aimer ! Dire que j’ai souffert pour qu’ils ne manquent de rien et vivent comme tous les enfants de leur âge. Ma fille vient me rendre visite de temps en temps, je ne lui en veux pas beaucoup, elle n’est pas autonome. Sans son mari elle ne serait rien. Mes fils m’ignorent par contre. Mes petits-fils me réclament, mais ils ne comprennent sans doute pas où on m’a abandonnée. Je suis triste de ne pas pouvoir les voir autant que je veux, ils n’y sont pour rien. Pendant l’Aïd, mes fils ont voulu que je vienne chez eux, mais si c’est pour manger un bout de viande, je préfère encore le faire ici ! J’ai perdu espoir, qu’ils viennent me voir ou pas, ça m’est égal. Mais je relativise, j’ai au moins un toit qui me protège en attendant ma mort. C’est la volonté de Dieu. »

    Laïdia, la soixantaine : « Mon frère m’a jetée dehors de chez moi et a vendu l’appartement »

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    Crédit : Yassine Toumi
    « J’habitais près de la mosquée Hassan II, on nous avait donné des appartements sociaux. J’étais copropriétaire avec mon frère. En 1998, mon mari est mort. J’ai fait pas mal de tentatives de suicide, j’avais des problèmes psychologiques et les voisins se plaignaient de mon état. Ils se sentaient responsables de moi. Il m’est arrivé de dormir dehors sous la pluie parce qu’il n’y avait personne pour porter ma chaise roulante ! C’est là que mon frère m’a jetée dehors de chez moi et a vendu l’appartement. Si seulement j’avais des enfants pour me venir en aide. Je n’ai personne pour me soutenir. J’ai une sœur en France, mais elle ne vient jamais me rendre visite, elle doit être trop occupée avec ses enfants. Mon frère ne vient jamais me voir. Même pendant l’Aïd, il s’est contenté de m’appeler, disant que sa voiture était en panne et que le trajet lui coûtait trop cher pour me rendre visite ! »

    Farouk, 48 ans : « J’ai travaillé aux Forces auxiliaires pendant 18 ans »

    Crédit : Yassine Toumi
    Crédit : Yassine Toumi
    « Cela fait trois ans que je suis ici. J’ai travaillé aux Forces auxiliaires pendant 18 ans. A un moment, je commençais à avoir des troubles psychologiques. Il m’arrivait de me dénuder dans la rue. Dans un état de folie passagère, j’ai demandé ma démission, je ne savais pas ce que je faisais. C’est là que je me suis retrouvé sans rien du tout. Ma femme a demandé le divorce, et mes deux filles sont parties vivre chez leur oncle. Je suis donc parti vivre chez mon père, après six mois, ma belle-mère ne voulait plus de moi. La rue était le seul refuge qui se proposait à moi. J’ai vécu dehors pendant trois ans et demi. C’était très dur. Je vivais dans la terreur. Il arrivait que des clochards m’agressent et me volent tout ce que j’avais récolté durant la journée en mendiant, on m’a beaucoup violenté aussi. Un soir d’hiver, les maraudes m’ont amené ici, au moins je ne vis plus dans l’angoisse, j’ai de quoi manger et je peux me doucher quand je veux ! Je vais rendre visite à mes deux filles une fois par an, et c’est compliqué d’économiser le budget du transport quand tu n’as pas de revenu. Mon ex-femme est partie travailler en Espagne, que Dieu lui vienne en aide. J’espère qu’elles seront heureuses un jour, elles n’y sont pour rien. Je n’ai pas été abandonné, elles sont juste très pauvres. »

    Propos recueillis par Youssef Roudaby et Yassine Toumi.