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vendredi 27 juin 2014

MI RAHMA, LA BEAUTÉ D'UN RIRE EN OFFRANDE

MI RAHMA, LA BEAUTÉ D'UN RIRE EN OFFRANDE

Par Bouthaina Azami (Twitter) le 21/06/2014 à 12h00 (mise à jour le 21/06/2014 à 17h09)
Cover Video - Mi Rahma
© Copyright : Le360
Elle est pétillante, Mi Rahma. Elle est malicieuse. Et, c’est elle-même qui le dit, elle est d’«une dignité redoutable». Mi Rahma a retrouvé le sourire. Oui, ses yeux se voilent encore, par moments. Mais la tristesse a disparu. La colère lui a cédé le pas. La colère et une furieuse rage de vivre.
Elle est pétillante, Mi Rahma. Elle est malicieuse. Et, c’est elle-même qui le dit, elle est d’"une dignité redoutable". Mi Rahma a retrouvé le sourire. Oui, de temps à autre, son regard s’obscurcit au souvenir de cette nuit de l’horreur et du pire des outrages où l’on a forcé sa porte et où, ne comprenant pas, du haut de la lumineuse innocence de ses 96 ans, ce qu’on lui voulait, elle a encore appelé son violeur "mon petit", un môme, pour elle. Qui aurait pu être son arrière petit-fils. Un môme, pour elle, bien plus jeune que ne l’auraient été aujourd’hui les deux fils que, ce vendredi, elle nous a confié avoir perdu. Oui, ses yeux se voilent encore, par moments. Mais la tristesse a disparu. La colère lui a cédé le pas. La colère et une furieuse rage de vivre dont elle nous aura appris qu’elle n’a pas d’âge et qu’elle se nourrit au respect que l’on a de soi et de l’autre.








(Vidéo: Bouthaïna Azami & Abderrahim Et-Tahiry)


Elle est frêle, Mi Rahma. Mais elle ne mâche pas ses mots. Elle n’ira pas se fourvoyer dans un tribunal déserté de ceux qu’on censé juger et qui courent toujours. Et elle nous le dira sans détour. L’accusé qui avait été incarcéré à la prison de Kénitra a été relâché, lors même qu’elle l’avait formellement désigné comme étant l’un de ses agresseurs.  Il vit à présent, nous dira-t-elle, à Sidi Slimane avec des amis et vient régulièrement rendre visite à ses parents qui ne sont autres que ses propres voisins.

Elle a l’air d’un roseau Mi Rahma. Mais elle le dit elle-même. Comme le roseau, rien ne la fera ployer que la mort.

Face à son ancienne petite demeure pétrie dans la terre et est devenue, aujourd’hui, une annexe abritant la cuisine et le garde-manger, une petite maisonnée donnant sur une cour intérieure qui n’attend plus que quelques plantes pour l’égayer s’est élevée comme un rempart contre la peur. Deux portes de fer couleur cuivre se découpent dans la chaux. L’une mène à la salle d’eau. L’autre au salon qui laisse entrer le soleil à travers une fenêtre doucement barrée de fer forgé. Une petite maison, modeste mais fière, comme elle. Vierge de toutes les insanités dont on a pu souiller son espace comme on avait souillé son corps et son âme. "Je m’enferme et je dors tranquillement", nous a-t-elle dit sur un ton délicieusement rebelle. Une petite maison modeste et fière et forte comme un roseau pour avoir été bâtie sur des fondations. Le maître d’œuvre et son équipe? Elle leur préparait même des tajines dont ils se souviendront.

Merci

Merci. Un mot qui revient même par trop souvent dans la bouche de Mi Rahma. Merci à ceux qui ont permis qu’elle se remette à rire pour s’être remise à croire en l’amour. A croire que l’amour est plus fort que la violence. Elle a la lumière, à présent, Mi Rahma, pour l’éclairer la nuit, grâce à une voisine qui a permis au maître d’œuvre de puiser  chez elle l’électricité. Mais la lumière qui l’éclaire vraiment vient d’ailleurs. Une lumière qui permettra peut-être d’éclairer tout le village encore privé d’eau et auquel, grâce à cet élan de solidarité, des promesses ont été faites par la commune.

En attendant, les rires de Mi Rahma résonnent encore dans les airs. Elle a vécu, Mi Rahma, et ce n’est pas peu dire. Mais elle est pétillante. Elle est malicieuse. Elle a l’éclat de 96 ans de furieuse innocence.

Un plafonnier qui lui a été offert attend de recouvrir l’ampoule qu’elle aime à allumer la nuit comme une étoile qui n’appartient qu’à elle. La petite cuisine, impossible à repeindre pour être de terre, attend d’être recouverte de plâtre par un artisan sollicité ce vendredi, lors de notre dernière visite à Mi Rahma, Histoire, surtout d’en chasser les dernières traces d’une offense qui restera, malgré tout, plantée dans sa chair et sa mémoire. Mais dont chacun aura aidé à adoucir les plaies. Et dans ces moments où le rire de Mi Rahma s’élève comme une offrande, on se prend à espérer qu’il est des moments de douceur où elle oublie  tout à fait. Des moments…

lundi 6 septembre 2010

ARRESTATION du meurtrier de la femme âgée de 75 ans àTanger

Mercredi 25 Aout 2010,No 3227, page 9.

Lundi 9 Aout 2010,No2444,page 2
Samedi-Dimanche 21-22 Aout 2010, No1219,page 1-2

Vendredi 20 Aout 2010, No 4126,page 3.

  • Le service préfectoral de la police judiciaire de Tanger a procédé, à la reconstitution du meurtre, motivé par le vol, d'une femme âgée, survenu récemment dans un quartier populaire de la ville.
  • L'auteur du crime, qui avait été arrêté quelques jours après son forfait, a avoué avoir tué la dame de 75 ans après s'être introduit dans son domicile, situé dans le quartier de Benkirane, avant de lui dérober une importante somme d'argent.
  • D'après la reconstitution, le mis en cause, âgé d'une quarantaine d'années et qui s'était installé récemment à Tanger, avait, une première fois poignardé la victime au niveau du coup, avant de l'étrangler par le biais d'un câble électrique.
  • Le meurtrier avait profité de la confiance accordée par la victime, qui avait auparavant loué une chambre au frère du mis en cause. L'assassin a pu ainsi se procurer la clef de la maison.
  • L'individu avait pris la fuite aussitôt après avoir commis son crime, mais les investigations de la police scientifique et technique ont permis de déterminer son identité grâce aux empruntes qu'il a laissé sur les lieux. Le meurtrier a été ensuite arrêté dans une autre ville et remis aux services de police de Tanger pour complément d'enquête.
  • Le mis en cause sera déféré dans les prochains jours devant le parquet près la cour d'appel de Tanger pour répondre des accusations d"homicide volontaire avec préméditation et guet-apens" et de "vol qualifié".